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Comment devient-on ce que l'on est ?
«
Deviens ce que tu es. » veut dire : "Sois
cohérent avec toi-même ; suis ton instinct !"
Nos instincts nous guident et nous protègent, parait-il. Suivons
nos instincts, mais quels instincts ? Nos instincts de défense,
de conservation, cela se voit dans nos attitudes mentales à ramener
tout à soi dès le plus jeune âge (égoïsme).
Comme tous les animaux, nous agissons généralement par nécessité,
et même par nécéssité vitale devant le danger,
et si nous suivons naturellement nos instincts, c'est parce qu'ils nous
guident et nous protègent. C'est notre subconscient qui enregistre
et prend le relais pour nous aider en bien des manières. C'est
pourquoi Nietzsche dit que ce sont les habitudes que nous prenons dès
notre plus jeune âge qui déterminent plus tard notre santé
et nos forces. Il ne faut pas négliger le plus élémentaire
pour préserver son bonheur de vivre. Ce sont les instincts de conservation
qui nous guident. Encore faut-il être attentif à tout signe,
à tout signal d'alarme de l'organisme.
«C'est ce qu'on
fait de sa vie dès le plus jeune âge qui est le plus important.»
Dans Ecce Homo, Nietzsche
semble s'intéresser autant au corps qu'à l'esprit. C'est
sans doute en réaction à ces philosophes mystiques détraqués,
ces spéculateurs en métaphysique qui ont tendance à
ne compter qu'à la spiritualité au détriment de la
santé du corps et de l'équilibre psychique. Il semble donner
des conseils de santé ; mais attention ! Cela a double sens, car
il y a surtout les nourritures de l'esprit !
Venons-en au point
de vue de la morale :
Dans nos actes, l'intention ne serait qu'un masque qui cache les instincts
les plus profonds enfouis dans notre conscience. Il faut comprendre que
les bonnes intentions ne justifient pas les actes tyraniques ou despotiques
de certaines personnes. Nos actes sont-ils tous prémédités
? Chacun sait se justifier en invoquant le fait que l'intention qu'il
avait était bonne. On appelle cela : avoir bonne conscience, mais
quand on a mauvaise conscience, on cherche à se racheter.
Et pour être
un esprit libre, il faut se garder des idée-reçues, des
préjugés inculqués dans notre enfance... Aucune influence
ne doit entrer dans nos décisions. Il faut donc n'avoir confiance
qu'en soi ; ne pas se mésestimer. «Faites votre guerre, une
guerre pour vos idées.» Il faut choisir son entourage comme
on choisit son environnement, fuir ce qui est bas et plat.
- La lecture n'est qu'un délassement ; elle ne doit pas empêcher
de penser par soi-même. D'ailleurs, l'auteur porte un masque, parfois
plusieurs. Il imagine qu'il sait et ne sait pas toujours ce qu'il dit.
- Ce qui est écrit n'a pas autant de valeur que ce que tu penses.
- Chaque individu doit se réaliser, avoir la volonté d'être
soi-même et d'aller jusqu'au bout sans renoncer à soi-même.
- Il faut s'atteler à sa tâche studieusement, et ainsi s'oublier.
Tout se fait très
lentement, imperceptiblement, mais un long processus d'individuation est
en cours, ou a déjà eu lieu. Les autorités établies
vont devoir trembler. Les
institutions sont remises en causes, leur autorité contestée.
Rien n'est au-dessus de l'Homme. Notez bien : "Homme" est un terme générique
venant de homo, lequel a toujours inclu mâles et femelles
! Et la femme, alors ?
« La femme est
l'avenir de l'homme... et le repos du guerrier. » (Ainsi parlait
Zarathoustra). Nietzsche semble faire l'apologie de la guerre et
de l'esclavage et privilégie les instincts guerriers puisque "l'homme
libre est un guerrier" (Le Crépuscule des Idoles). "l'homme
est fait pour la guerre" et "la femme pour le repos du guerrier."
(Ainsi parlait... Nietzsche). Dans notre comportement doit-on laisser
nos instincts guerriers dominer ? Ou faire acte de volonté en essayant
de maitriser nos mauvais penchants et nos instincts les plus barbares
?
«
L'homme est fait pour se surpasser.»
A propos, on s'accorde une petite pause ?
Voici un portrait de Nietzsche, jeune professeur, à 25 ans. Moustaches
à la prussienne, et regard pénétrant, n'a-t-il pas
fière allure ?

N.B. Les citations sont toutes extraites des ouvrages
de Nietzsche, lequel attribue à Pindare la formule : «
Homme, deviens ce que tu es ».
Ce processus d'individuation sera un thème majeur chez C.G. Jung,
psychologue qui confirme que la volonté de puissance est le moteur
fondamental de l'être humain. Le précurseur en ce domaine
fut Nietzsche. L'individuation, c'est là le remède que
propose C.G. Jung à la perte de sens. Il y voit la condition
préalable pour ouvrir à terme les voies d'un compromis
entre l'individu et la société.
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