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"L'être innommable"

« Il était gros, court, large d'épaules ; ses sourcils
noirs se joignaient sur son nez aquilin, ses jambes étaient crochues,
sa tête chauve, et il était rempli de la grâce du
Seigneur. C'est à peu près ainsi qu'il est dépeint
dans le Philopatris de Lucien, à la grâce du Seigneur près,
dont Lucien n'avait malheureusement aucune connaissance.» (Dictionnaire
philosophique de Voltaire)...
Paul, le véritable fondateur de la religion
chrétienne, écrivait : “Veuillez à ce que nul ne vous prenne au
piège de la philosophie, cette creuse duperie à l'enseigne de la tradition
des hommes et des forces qui régissent l'univers et non plus du Christ.”
(Colossiens 2, 8). Son Christ n'est qu'un "principe", un archétype, un
mythe "pour l'économie nouvelle et les temps nouveaux". N'est-il pas "l'être
humain le plus laid" dont il est question dans Ainsi parlait
Zarathoustra.?
Selon Nietzsche, « c’est le plus laid
des hommes qui est cause de tout : il l’a ressuscité. Et, quoiqu’il dise,
il l’a tué jadis. Il a déshonoré le Chemin. Pourquoi s’est-il converti
? Et qu’a-t-il fait là ? » (cf. La fête de l'âne,
in Ainsi parlait Zarathoustra ). Nietzsche parle de "la vengeance
contre le Témoin" dans Ainsi parlait Zarathoustra. Or Jésus
est appelé le Témoin fidèle dans l'Apocalypse, car "Il a rendu
témoignage à la vérité".
Nietzsche, qui a fait une analyse psychologique
pertinente de saint Paul, dans Aurore § 68, reproche
au christianisme de vouloir supprimer le désir, de combattre les instincts
naturels vitaux (sexuels), de nier ainsi ce qui
fait la vie - les passions humaines - par la
culpabilisation à outrance. «J'appelle mensonger celui qui ne veux pas
voir les choses telles qu'elles sont.» dit-il.
« St Paul a rétabli en pire tout ce
que le Christ avait justement annulé par sa vie... le christianisme est
devenu quelque-chose de foncièrement différent de ce que fit et voulut
son initiateur (le Sauveur).(... )
l'Église appartient au triomphe de l'antéchrist, tout aussi
bien que l'État moderne, que le nationalisme moderne », selon
Nietzsche (in Volonté
de Puissance, publié après sa mort), lequel avait lu Stendhal,
qui remarquait:
« C’est à la suite des principes prêchés
par St Paul que l’opposition d’intérêts et même la séparation totale se
fit entre un corps de prêtres et les citoyens. Ce corps de prêtres fit
son unique affaire de cultiver et de fortifier le sentiment religieux
; il inventa des prestiges et des habitudes pour émouvoir les esprits
de toutes les classes ; il sut lier son souvenir aux impressions charmantes
de la première enfance ; il ne laissa point passer la moindre peste ou
le moindre grand malheur sans en profiter pour redoubler la peur et le
sentiment religieux ou tout au moins pour faire bâtir une belle église,
comme la Salute à Venise. » ( Stendhal in Chroniques Italiennes
).
Tel Eratostrate qui incendia le temple
de Diane à Ephèse pour faire parler de lui, saint Paul alluma
un incendie qui s'étendit à tout l'Empire romain. Certains
présument même qu'il fut le commanditaire de l'incendie de
Rome en 64 et que c'est ce pourquoi il fut crucifié la tête
en bas.
Jugé après son forfait, le nom d'Eratostrate ne devait pas
être prononcé. Idem pour Paul : cet antéchrist n'est
pas désigné nominativement dans les épîtres...
mais c'est "l'être innommable" de Nietzsche.
Dans l'antéchrist,
Nietzsche écrit : «Ce qu'il devina, c'est comment on peut
allumer un incendie universel à l'aide du petit mouvement de secte
chrétien en marge du judaïsme.» Et, récemment,
Gérald Messadié a titré son livre : "Paul, l'incendiaire".
Le Christ (judéo-christianisme) règne-t-il partout sur Terre
comme aux cieux ?
Sur le web, voyez aussi : christianisme,
Philo
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