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Miss France 2008 aime à dire: «Ce qui ne tue pas rend
plus fort»
Valérie Bègue a fait une citation qui montre qu'elle a lu
Nietzsche, cette jeune Miss France, en ajoutant : "J'ai surmonté
quelque chose dont je ne me croyais pas être capable de me relever".
Elle est passée du rêve au cauchemar en l'espace de quelques
jours - la publication d'anciennes photos ayant failli lui coûter
sa couronne.
On comprends par
là que les épreuves de la vie renforcent nos moyens de défense,
si nos instincts ne sont pas émoussés. "L'homme est
fait pour être surmonté." (Zarathoustra) Encore un phrase
de Nietzsche qui peut prêter à confusion, on s'en doute...
Enfin, c'est l'occasion de mirer le charmant sourire d'un beau visage,
celui d'une jolie femme.
Deux figures emblématiques
Pour Christophe Barbier, « Karl Marx, l'auteur lucide du
Capital, fut le plus prompt à saisir son temps;
il est le philosophe emblématique du XIXe siècle.
Le XXe siècle, sans conteste,
fut le siècle de Friedrich Nietzsche, même s'il
mourut sur son seuil (en 1900). Le philosophe qui tua Dieu, détruisit
l'Etat et nia tout espoir d'harmonie sociétale correspond
à une période où les foules furent anthropophages.
Que les totalitarismes brun et rouge aient usé d'abominables
contrefaçons de sa volonté de puissance et de son
surhomme montre à quel point il fut le penseur «
utile » du siècle des horreurs. »
Ce «psychologue hors pair» a même influencé
Sigmund Freud, excavant l'âme humaine, et débusquant
dans l'Etat moderne le «monstre froid» prophétisé
sur la place publique.
Il y a tout juste un siècle, F. Nietzsche sombrait dans
la maladie et dans la folie. L'insensé, il avait accompli
sa tâche, une très lourde tâche : en philosophe
et non moins philologue, il s'était attaqué à
la religion et à la morale chrétienne comme aucun
autre n'avait osé le faire, pas même Voltaire. Psychologue
sans pareil, il dénichait les arrières-pensées,
les motivations secrètes et faisait la lumière sur
les vérités-mensonges de la foi et sur l'illusion
d'une espérance bienheureuse dans un "au-delà"
hypothétique par le renoncement aux plaisirs et au bonheur
- toujours à construire - ici-bas.
Ce "belliqueux de nature" engagea la polémique
sous toutes ses formes (controverse, raillerie, parodie, ironie,
trait...) en se choisissant un ennemi à sa taille pour
l'affronter d'égal à égal, loyalement.
Au-delà du nihilisme, Nietzsche aspirait à la reconstruction
de nouvelles valeurs, à la victoire sur l'hiver. Il se
sentait porteur d'une tâche qui concerne le futur. Comment
un homme, dressé entre l'hier et le demain, prend-il sur
lui tout le fardeau de l'humanité afin de l'en délivrer
et lui ouvrir les portes du futur ? Le travail intellectuel assidu
et la solitude du penseur sont nécessaires. "Une expérience
tirée des sept solitudes".
Un siècle après, les écrits de Nietzsche
continuent de nous ébranler, de nous féconder, de
nous fournir les outils d'une démystification, de nous
désigner les aurores à venir. Il chante le "gai
savoir" et la danse des apparences comme art suprême.
Et avec quel style ! Ses aphorismes nous parlent et nous touchent,
donnent des éléments de base de réflexion
et laissent le champ libre à notre créativité
pour la conclusion, qui est seulement suggérée.
Du grand art !
Qu'importe sa maladie ! Il la surmonte. Ce poète-philosophe
survole la maladie d'un monde dont il est l'un des premiers à
dénoncer la décomposition. Il ne ménage rien
ni personne, critique tout et se refuse à toute idéologie;
mais c'est pour mieux aborder l'avenir, pour venir nous enseigner
le «surhumain», car "le surhumain, c'est l'avenir
du genre humain". Voilà pourquoi tout a changé
depuis !
- Pour vous, qui sera le maître philosophe, l'esprit étalon
du XXIe siècle balbutiant ?
Pour Christophe Barbier, « le modèle idoine ce serait...
Hegel. Peut-être notre époque est-elle trop complexe
et trop centrifuge pour être embrassée par un seul
système, voire pour se laisser penser ?» (Editorial
paru dans L'Express du 16/08/07)
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