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Origine du Christianisme
Nietzsche, s'inspirant de Léon
Tolstoï :
"Mais si quelque chose est peu évangélique, c'est bien la notion de
héros. C'est même le refus de tout conflit violent, de tout sentiment
de mener un combat qui semble ici s'être fait instinct : en morale chrétienne,
« ne résiste pas au méchant » est la parole la plus profonde des Évangiles,
aussi la félicité trouvée dans l'incapacité d'être ennemi. (...) La
vie qui doit servir d'exemple est faite d'amour et d'humilité; dans
son abondance de cur elle ne repousse par l'être le plus infime,
elle renonce, d'une façon formelle, à faire valoir son droit, à se défendre,
à la victoire dans le sens de triomphe personnel; elle croit à la béatitude
ici-bas sur la terre, malgré la misère, la résistance, nie la mort;
elle est conciliante et repousse la colère et le mépris ; elle ne veut
pas de récompense ; elle ne s'engage vis-à-vis de personne; c'est l'abandon
dans ce qu'il y a de plus spirituel et de plus intellectuel ; une vie
très fière avec la volonté de la vie pauvre et servile."
" Jésus aurait donc enseigné une nouvelle
manière de vivre : sans soucis matériels, sans résistance, sans violence,
sans vengeance, tourné vers autrui. L’amour fraternel sans discrimination,
sans exclusion, pas même l’étranger, jusqu’à aimer ses ennemis. Jésus
a montré la relativité des lois, des règles; il ne condamne personne;
il pardonne à tous, ne craint pas les mauvaises fréquentations:
la notion de péché disparaît presque (alors qu'il fut prétexte pour
juger et condamner). Jésus parle du monde intérieur, de la vie spirituelle,
du détachement, mais ne dénigre pas les biens terrestres. Il parle
par signes, par métaphores, en paraboles: rien ne doit être pris au sens
littéral. Il n’expose pas de doctrine, il n’institue pas de sacrements,
ni de hiérarchie parmi ses disciples. Il propose le profond bonheur du
sage, la paix de l’âme épanouie, la recherche du divin en nous-mêmes."
Chacun reçoit le message à sa convenance, selon son degré d’évolution.
L’orientation est donnée, le but est fixé; à chacun de se remettre en
question. Et Jésus montre l’exemple. Il a donné sa vie pour ses amis sans
crainte de la souffrance ni de la mort (selon les Évangiles). "
Mais combien d’hommes peuvent-ils suivre le même chemin ? " (Karl Jaspers,
Nietzsche et le christianisme).
Les fameux manuscrits ésseniens découverts
il y a cinquante ans en Palestine près de la Mer Morte n’ont pas une seule
fois inscrits dedans le nom de Jésus ni de Jean le baptiste, mais ils
semblent à l'origine du christianisme. Les Esseniens attendaient
la venue d'un Sauveur, leur chef spirituel était appelé
le Maître de Justice et il était considéré
comme un Messie. Cette fraternité était proche de celle des Thérapeutes.
Or, la réputation de Jésus reposait en grande partie sur ses guérisons.
Que savons-nous, en fait ?...Voyez notre dossier Recherches.
A l'origine, pour Jésus, il s'agissait de rétablir la vraie
religion. N'a-t-elle pas dévié
?
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