photographie
signée Léonardo

La Reine du Ciel |
Les reliques : entre foi et fétichisme
L'Église catholique
romaine a beaucoup à se reprocher en ce qui concerne le fait de cacher,
manipuler ou déformer la vérité. C'est une tradition, dans l'église, depuis
St Paul lui-même, que je qualifie d'imposteur ! Il savait manipuler les
écritures pour les accommoder à sa sauce.
Du
linceul de Turin, au prétendu tombeau de St Pierre
sous la basilique de Rome et à l'ampoule de sang de St Janvier
à Naples, en passant par les apparitions mariales, la chrétienté
a besoin de toutes ces impostures pour relancer
la foi. On est libre de ne pas croire à la légende de St Iréné ou de Tertullien,
reprise par les papes, pour accréditer la thèse de la présence de Simon-Pierre
à Rome (popularisée par le roman Quo Vadis) pour confirmer
la filiation apostolique romaine. Pour acréditer la foi en la crucifixion
de Pierre à Rome, le Vatican entama des fouilles dans les souterrains
de la Basilique St Pierre et une tombe vide de tout contenu de
la nécropole située sur le cirque de Néron et Calligula
datant du second siècle fut retrouvée. L'identification
des vieux ossements comme étant ceux d'un martyre semble entachée
d'incertitude...
D'après la datation
au carbone des échantillons prélevés en divers endroits, le suaire
de Turin date du Moyen-Âge, mais cette preuve scientifique contrarie
les fanatiques croyants partisans de l'authenticité du saint suaire de
N. S. Jésus-Christ, né d'une vierge par l'opération du saint Esprit. Savent-ils
qu'il y a eu jadis plusieurs suaires en maints lieux depuis le Moyen-âge
jusqu'à la Révolution ? Calvin a ironisé sur ce sujet
: "Quand un suaire avait brûlé, il s'en est toujours
trouvé un nouveau le lendemain." Voyons donc ce qu'il en est.
Rappelons que l'invention
du saint suaire appartient à un gentillomme champenois, Geodefroy
de Charny, lequel rapporta d'Orient ce lindeul sacré qui, d'après
lui, aurait servi à envelopper le corps du Christ dans le tombeau.
Historiquement, il apparait donc en 1357 dans la collégiale de
Liray fondée par Geodefroy 1er de Charny, où
il attire déjà les foules, mais l'évêque de
Troyes fait procéder à une enquête qui révèle
que c'est l'œuvre d'un peintre. D'abord interdite, l'ostension en
est à nouveau autorisée par le légat du pape, décision
cassée par le pape Clément VII qui demande qu'il soit bien
pésenté comme une peinture faite sur le suaire. Il est ensuite
tranféré à Liège où l'évêque
condamne ceux qui veulent le faire passer pour authentique, puis à
Chambéry en 1453 où les Princes de Savoie le considéraient
comme un palladium (une garantie) qui constituait une part capitale du
trésor de leur couronne. Le suaire est partiellement détruit
par un incendie en 1532 alors qu'il fait l'objet d'une immense vénération.
En 1578, le suaire arrive à Turin où il est soigneusement
conservé depuis par le clergé pour être exposé
de temps en temps aux pèlerins. Le clergé entretient la
vénération de la fausse relique alors qu'officiellement
l'Eglise s'abstient toujours de confirmer son authenticité.
Le mystère de l'empreinte attise l'imagination, car sur ce linge
dont la fabrication remonte à 1260-1390, on ne peut dater l'empreinte.
Sur le linceul, les fibres brunies superficiellement donnent une pâle
image en négatif d'un personnage (ci-dessous à gauche, elle
s'est dégradée au fil du temps). En 1889
il a été fait une première photographie (à
droite) qui révèla l'image en positif du personnage. La
preuve par le négatif de la photo est irréfutable, mais
on le pensait dès 1974, car le relief de l'image est saisissant
de réalisme : il ne peut s'agir d'une peinture de faussaire ni
d'une empreinte d'un corps enveloppé dans un linge; et en réalité,
l'empreinte est un négatif, isotrope et en relief. Une thèse
récente affirme qu'il s'agit là de la première photographie,
réalisée par Léonard de Vinci, utilisant le
procédé de la chambre noire, déjà connu au
Moyen-âge pour regarder les éclipses. D'ailleurs, Léonard
de Vinci lui a consacré une étude. Le corps aurait été
exposé au soleil pour être reproduit sur du tissu imprégné
de nitrate d'argent. Le plus drôle, c'est que le visage est celui
de Léonard de Vinci lui-même (voir son autoportrait),
lequel était bien capable d'une telle farce en vendant son travail
au pape Borgia (Alexandre IV fut qualifié d'antechrist par Savonarole).
En 1516, François 1er, protecteur de Léonard
de Vinci, vint en pèlerinage à Chambéry dans la chapelle
du château des Ducs de Savoie où se trouvait la relique avant
d'être tranférée à Turin en 1578.
Contester la datation au Carbonne 14 faite en 1988 parce que le morceau
choisi aurait été contaminé par les traces de doigt
ne rime à rien. Au reste, l'Eglise n'a jamais contesté les
conclusions des laboratoires et ne veut pas donner d'autres fragments.
Elle s'emploie à le restaurer à grands frais maintenant
parce que l'image s'est altérée en quelques décennies.
Encore une preuve que ce suaire n'a pas 2000 ans. A moins de croire au
miracle... Or, c'est justement ce que l'Eglise tente de suggérer
pour attirer toujours plus de fidèles.
Trafics de fausses reliques
Entre foi et fétichisme
il n'y a qu'un pas, qui est franchi avec le culte des reliques, et dès
le Moyen-âge leur nombre se multiplia : Enrico
Riboni a noté que deux crânes authentiques de saint Pierre
sont exposés à la vénération des fidèles
à Rome (un à Saint Pierre en Vatican, l'autre à Saint-Pierre-et-Paul-Hors-les-Murs),
ce qui en fait un saint bicéphale. A la fin du Ve siècle,
on dénombrait à travers l'Europe 12 têtes et 60 doigts
de saint Jean, 15 bras de saint Jacques, 30 corps de saint Georges, 6
mamelles de sainte Agathe, et on compta à un moment donné
jusqu'à 3 têtes de saint Rémy, l'évêque
martyr (dont l'une subtilisée par un moine dépêché
illico pour cela) !
Il fallait des reliques pour renforcer
la foi et on en trouva... On en fabriqua de fausses, récupérant
même des idoles du Bas-empire : les reliques de sainte Foy ayant
disparues à Conques, on les retrouva en 1875 et la statuette d'une
reine carolingienne en magesté est depuis présentée
comme étant une Majestée de sainte Foy (photo).
Déjà, la mère de Constantin
le Grand, Sainte Hélène, celle qui inventa le Saint Sépulcre, fit
construire la chapelle pour les pèlerins qui affluaient déjà
en Palestine. Elle voulait absolument rapporter de Jérusalem le bois de
la "vraie croix". Alors que la ville avait été rasée deux fois,
la première fois après le désastre de 70 ap. J-C (incendie lors
de la chute de Jérusalem) et une seconde fois 60 ans après
(pour être entièrement reconstruite en style gréco-romain
sous le nom d'Aelia), on lui trouva ce "précieux" morceaux
de bois des "lieux saints". Plus tard, on en vendit aussi aux
Croisés, l'un d'eux en fit don au Duc d'Anjou qui l'emporta en
Lorraine, ce qui donna la "croix de Lorraine". Le reliquaire
d'une chapelle près de Beaugé en contient un morceau, un
autre est conservé dans le reliquaire de l'église du Lion
d'Angers (trésor actuellement exposé à la Collégiale
St Martin à Angers) et un autre à Zadar, en Croatie, il
y en a partout...
À Paris, la Sainte Chapelle abrite
la couronne d'épine rapportée (avec la sainte lance) de
Constantinople par Saint Louis, mais il en existe un autre exemplaire
dans une chasse d'or et de pierres précieuses fournie par Charlemagne
450 ans plus tôt à l'abbaye de Saint-Riquier (où les
reliques sont la couronne d'épine et les clous de la passion).
Pour saint Basile, « celui qui touche
les os d'un martyre participe à la grâce qui y réside
». Cette frénésie religieuse a atteint son paroxysme
entre le XIIe et le XVe siècle. Il faut croire
qu'il y a eu un sacré trafic ! Les Juifs et les Arabes étaient
de bons faussaires et ils font aussi de belles pièces archéologiques
égyptiennes. Reliques et reliquaires forment dorénavant
de véritables trésors enfermés dans les cryptes de
nos cathédrales. Certaines pièces proviennent des pillages
des Croisés à Constantinople, Antioche, Jérusalem
et Edesse.
Car le christianisme populaire fut constamment
entretenu par cette fièvre passionnée et mercantile. Il
fallait bien relancer la foi vacillante ! Et ne parlons pas du trafic
des indulgences papales pour l'attribution de places au Paradis ! L'argent
récolté par Léon X (1513-1521) a servi à la
reconstruction de la colossale basilique saint Pierre de Rome. La grande
araignée du monde a tendu plus d'un piège pour attirer ses
proies (métaphore nietzschéenne).
Autres impostures, les
pèlerinages qui attirent les foules de croyants à Fatima
sont aussi une "sacrée" affaire pour l'Église
qui les organise. Le 3e secret de Fatima
fut une bonne affaire pour le pape qui prétendit en l'an 2000
que la vierge aurait arrêté la balle qui l'avait blessé
lors de l'attentat à Rome en mai 1981.
Dans son livre «Fatima, ou enquête sur une
imposture», Gérard de Sède (prix 1977 de l'Union des Athées)
a rassemblé un dossier bien ficelé. Téléchargez
un résumé (format PDF); ses éléments
d'enquête confondants furent présentés à une
émission de télévision d'arte (janvier 2002). Enfin,
sur ce sujet stupéfiant des apparitions mariales, il y a aussi:
- Lourdes accueille toujours des milliers de pèlerins et malades,
mais les miracles de l'eau de source se font de plus en plus rares. D'ailleurs,
il parait que Bernadette aurait été abusée:
témoignage de C. Flammarion.
- La Salette, dans les Alpes : encore de pauvres enfants analphabètes,
illettrés, incultes qui auraient vu la Vierge en 1846 et dont la
prophétie de pacotille a fait long feu !
- Rue du Bac à Paris, 1830. A l'endroit où la Vierge aurait apparu
à Catherine Labouré, une statue de la Vierge portant un
globe en or fut érigée après la vente de 100 000
«médailles miraculeuses». Plus tard, l'escroquerie
fut l'objet d'un procès, mais elle perdure. Rappelons que l'apparition
de la sainte Vierge en l'église de la rue du Bac, à Paris,
servit à un trafic juteux d'un million de petites "médailles
miraculeuses" sans valeur, juste pour reconstruire l'église
(voir ci-contre) !
- En 1981, la vierge serait apparue à 6 jeunes Croates, à
Medjugorge : il faut dire que les villageois étaient bien conditionnés
pour ce genre de chose ! 
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