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Volonté de vérité
« La vérité du christianisme était démontrée
par la conduite vertueuse des chrétiens, leur fermeté
dans la souffrance, leur foi inébranlable et avant tout par la
diffusion et la croissance du christianisme en dépit de toutes
les misères », et il y eut des martyres pour "la vérité"...
- c'est ainsi que vous parlez aujourd'hui encore ! C'est à faire
pitié ! Apprenez donc que tout cela ne prouve rien, ni pour ni
contre la vérité, que la vérité se prouve
autrement que la véracité, et que cette dernière
n'est nullement un argument en faveur de la première. »
(Aurore, livre I, § 73)
La religion repose
sur des traditions ancestrales et sur le sens du sacré. Le scepticisme
de Nietzsche s'applique à la métaphysique, à la philosophie
et surtout à la religion. Non pas à la science véritable.
Ce chercheur de connaissance disait : "La science et la religion vivent
sur deux planètes différentes. Pour l'une, c'est celle de
la raison; pour l'autre, celle du sentiment."-
Un Maître du soupçon
« Il ne faut
pas s'en laisser conter. Les grands esprits sont des sceptiques »
(Ecce Homo).
On l'aura compris, Nietzsche, un des trois maitres
du soupçon, réfute les dogmes religieux et la théologie
! "Il n'y a pas de faits, écrit Nietzsche, il n'y a que des interprétations",
et cela est vrai aussi en ce qui concerne Jésus : "Le fait
n'est même pas établi (historiquement) au moment où
il s'est passé". "La vérité que j'appelle
"idole", c'est la vérité d'autrefois et je suis le seul
à détenir le critère de ces vérités
- comme si, en moi, s'était développé une seconde
conscience." écrit-il dans Ecce Homo. "Et ce que j'appelle
mensonge : le refus de voir la réalité telle qu'elle est.
"
Aujourd'hui, près
de 120 ans après, sommes-nous vraiment débarrassés
de ces idées-reçues et autres préjugés culturels
et religieux ? Lentement, les choses changent, mais par pour tout le monde
! Certains restent dans leurs rêves, leurs illusions... Pourtant,
il apparaît bien que nous vivons les réalités nietzschéennes,
et que, dans ce monde impitoyable, favorable aux forts et aux bien-portants,
la compétition soit rude. De plus en plus de gens savent que la
vie est un combat permanent, et, si l'on veut s'en sortir, il faut du
courage, de la volonté, et de la passion.
Le problème philosophique de la vérité
La "Vérité"
qui était admise comme inébranlable dans les siècles
passés s'étant révélée fausse, mensongère,
réfutable, discréditant les valeurs sous-jacentes, Nietzsche
proclame :
" Il faut à nouveau peser le poids de toute chose ". (Le Gai
Savoir, § 269).
La "volonté
de vérité" est une entreprise qui suppose l'abandon des
préjugés religieux, et de toutes les idées-reçues
perpétuées de génération en génération,
sans discernement. Mais qu'est-ce qui pousse à être si rigoureux
pour établir la véracité ?
- Ce sont les erreurs commises involontairement, les mensonges des prêtres,
les inventions des théologiens, les fables prises au pied de la
lettre alors qu'elles ont été écrites pour en tirer
une morale ; Tout un sombre passé moyen-âgeux révolu.
Vous connaissez la
légende indoue qui dit que la vérité est enfouie
au-dedans de vous, bien au fond de votre conscience et ainsi vous êtes
invité(e) à creuser en vous. Mais si vous vous apercevez
que votre conscience est un puits sans fond, un labyrinthe de pensées
et d'idées-reçues disparates mêlées à
des souvenirs personnels, vous n'êtes pas loin de penser finalement
que la vérité vous échappe...
Faut-il avoir recours au fil d'Ariane ?
Vérité et Mensonge au Sens extra-moral
Dans cet essai qui
date de l'été 1873, Nietzsche étend sa réflexion
sur le mensonge et la volonté de vérité, à
un problème de fond sur l'appréciation de la réalité
: les rapports du langage et de la vérité, ou, pour parler comme E. Kant,
de la "chose en soi". On n'est plus dans le même registre ; Nietzsche
nous fait évoluer sur un plan supérieur, hors de toute question
morale.
Voici donc le texte intégral de l'essai de Nietzsche.
Pour imprimer (17 pages), téléchargez-le en format ZIP (sous
le portrait de Nietzsche en page d'accueil).
« Qu'est-ce donc que la vérité ? Une multitude
mouvante de métaphores, de métonymies, d'anthropomorphismes,
bref, une somme de relations humaines qui ont été poétiquement
et rhétoriquement faussées, transposées, ornées,
et qui, après un long usage, semblent à un peuple fermes,
canoniales et contraignantes... »
Pour lire la suite "en ligne", tournez la page. ( un clic sur le livre
suffit )
Un des trois maîtres du soupçon :
pour Michel Foucault, les deux autres sont Freud et Marx.
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